Mes villes de la pensée vont
bien au-delà des rêves, subsistent encore à l’aube
avant que le soleil, par des allégories voyantes, ne mette de côté
le va et vient des pas des peuples.
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Je sais de mes ombres, celles de mes peuples
et de mes chemins terrestres, évidemment,
je ne voudrais savoir ni connaître autre chose.
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Mes ombres, disais-je, sur les murs, sur les sentiers
et sur les sauts escarpés de la mémoire antique,
parmi les herbes jeunes et celles déjà mortes.
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Depuis mes chaussures aux pointures grandissantes
jusqu’aux pas indécis d’enfant et après au pas de course
comme au pas de course s’en allaient les heures et les mois de mes âges.
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Mes âges? De quoi suis-je en train de parler?
Rien de ce que je suis n’est du temps!
Peut-être que je suis un événement en évolution,
l’un parmi tant d’ autres nombreux événements humains rapides
qu’on écrit sur le sable ou que l’on conte
.comme des souvenirs se transformant en histoire.
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Du temps, non! Je ne pense pas que je le suis,
Au centre tout reste sensible au coeur
et que ma peau s’oxyde cela me semble naturel,
cela arrive aux idées millénaires
et aux religions aussi. Ne les surévaluez pas!
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Je sais beaucoup de l’arrivée et du départ,
Je les ai vus arriver souvent. Je le sais et l’accepte.
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Même le temps présomptueux doit être satisfait.
Il est plus naïf de ce que l’on pense
il se satisfait en changeant les apparences
pour être applaudi par des molécules
comme si elles s’usaient pour lui.
Quelqu’un d’entre vous se sent vraiment
ce qu’il voit au miroir? Certes que non!
Quelqu’un d’entre vous a déjà pensé
qu’il était en grave retard pour de nouveaux projets,
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des espoirs, des amours, l’art, la culture? Non, n’est-ce pas?
Quelqu’un d’entre vous a déjà pensé à la mort
non comme on pense à elle par peur de la fin
mais comme un feu qui incendie l’existence?
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C’est une fantaisie.
C’est le vieux jeu entre existence et non-existence!
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Pensez-y
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Et alors?
Et alors nos villes de la pensée
iront jusqu’après les rêves, subsisteront
encore à l’aube , avant que le soleil ne mette de côté
en les dénuant de lumière, le va et vient des ombres
des peuples admis dans nos chemins nocturnes
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J’irai, nous irons,
chacun tel un héritier et un patrimoine pour le temps futur
Je serai, nous serons (comme cela doit être)
très proches de l’infini.
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Au cas où le temps serait, voire pour un seul instant,
pour un seul petit instant, une nouvelle idée d’homme
nous nous forgerons non pas dans le temps, mais dans les lettres,
dans les mots, les pensées, la génialité, les découvertes.
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Et dans les fautes, évidemment !
